Niryo

type(s)
Series A
October 2023
€10,000,000
Deal Team
Not specified
Contreparties
Bpifrance, Innovacom, Go Capital

À l’issue d’un processus de levée de fonds mené par Ader Finance, Niryo a levé 10 millions d’euros auprès de Bpifrance, Innovacom, Go Capital et de ses investisseurs historiques.

La start up française Niryo conçoit et commercialise des robots compacts et légers. Son fondateur, Marc Henri Frouin, décrit son produit comme un « robot de table », facilement transportable et simple à installer. L’objectif est clair : proposer une solution de robotisation et d’automatisation abordable afin de démocratiser l’usage des robots. La société a annoncé, le jeudi 5 octobre, une levée de fonds de 10 millions d’euros destinée à accélérer la commercialisation de ses robots.

Marc Henri Frouin explique avoir « tout développé de zéro », depuis la motorisation jusqu’à la conception mécanique et les technologies embarquées. Niryo commercialise actuellement la troisième génération de son robot, le Ned 2. Pesant environ 8 kilos, celui ci peut être transporté dans une valise et installé rapidement. Ce robot à six axes est équipé de six moteurs lui permettant d’effectuer des manipulations dans toutes les dimensions autour de lui. Il est conçu pour des tâches simples, comme saisir un objet à un point A pour le déposer à un point B. Grâce à son format compact, le robot peut transporter une charge utile de 500 grammes dans un rayon de 48 centimètres.

Ned 2 est destiné à des utilisateurs qui ne peuvent pas recourir à la robotique industrielle traditionnelle, souvent jugée trop lourde, complexe et encombrante. Niryo a ainsi développé son propre logiciel, Niryo Studio, une interface de programmation « no code » conçue pour simplifier l’utilisation du robot. Grâce aux capteurs intégrés dans les moteurs, il suffit de déplacer physiquement le bras robotisé afin d’indiquer les points d’intérêt et de les enregistrer.

Par exemple, une entreprise textile utilise Ned 2 pour automatiser le placement des poches de jeans sur une machine à coudre. Dans les laboratoires, le robot est capable de saisir des éprouvettes puis de les déposer dans des machines d’analyse.

La pince située à l’extrémité du robot est imprimée en 3D, ce qui permet d’adapter sa forme et sa taille selon les objets à manipuler. « Nous restons concentrés sur la manipulation d’objets robotiques standards, c’est à dire des produits rigides et peu glissants », précise le fondateur. Un ordinateur est directement intégré au robot, ainsi que différents capteurs mesurant notamment la température, le courant, les vibrations ou encore le son. À terme, Niryo ambitionne de développer des solutions de maintenance prédictive et de détection de présence humaine ou d’accessoires à proximité du robot. Pour l’instant, un anneau lumineux et des signaux sonores permettent d’alerter l’utilisateur en cas d’activité.

La start up a installé une ligne d’assemblage dans ses locaux de Wambrechies, dans le Nord de la France. « Au départ, 100 % de nos composants provenaient de Chine. Aujourd’hui, plus de 40 % de nos fournisseurs sont français », souligne Marc Henri Frouin. Les pièces plastiques injectées, les ressorts, les câblages et les cartes électroniques sont désormais majoritairement produits en France. Malgré des coûts parfois plus élevés, Niryo estime bénéficier à long terme d’avantages en matière de transport et de qualité des composants. Sept personnes assemblent actuellement les robots et réalisent les tests qualité au quotidien.

Aujourd’hui, environ une centaine de robots sont produits chaque année. Grâce à cette levée de fonds, la société prévoit cependant de multiplier sa production par trois ou quatre au cours des prochaines années. Depuis sa création en 2017, Niryo a vendu près de 3 000 robots et ambitionne d’atteindre 4 000 ventes annuelles d’ici quatre ans. Forte d’une quarantaine de collaborateurs, l’entreprise prévoit également de recruter entre 15 et 20 nouveaux employés.

Avec ce financement, la société lilloise souhaite accélérer son développement commercial en France, en Allemagne et aux États Unis. Les équipes travaillent également sur de nouveaux modèles de robots qui pourraient être commercialisés dans les années à venir. Niryo envisage notamment de proposer des robots capables de transporter des charges plus lourdes ou offrant davantage d’agilité. Les différentes briques technologiques développées pour Ned 2, qu’il s’agisse de la motorisation, de l’intelligence embarquée, de la robotique ou du logiciel, peuvent facilement être réutilisées pour concevoir d’autres types de robots.

Le Ned 2 est commercialisé à partir de 4 000 euros hors accessoires. Des caméras, pinces et convoyeurs peuvent être ajoutés selon les besoins. Après avoir principalement commercialisé ses premières versions, Niryo One et Ned, auprès des universités, la start up cible désormais les laboratoires pharmaceutiques et cosmétiques. Parmi ses premiers clients figurent La Poste, Siemens et Coca Cola, preuve de l’existence d’un véritable marché pour ce type de solution.